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OH, CES DRÔLES DE PARAGON DE LA VERTU (PAR SORO DIOP)

Les maîtres de la bien-pensance ont repris du service, pardon les sévices moraux, à la faveur des supputations avant et après le remaniement ministériel. Une reprise de sévices qui balafrent les esprits avides d’éthique et de morale. Parmi eux, Cheikh Yérim Seck, de retour sur les plateaux de télévision, sous le manteau d’analyste politique qui dévoile un visage réel de traceur de plans électoraux sur la comète politique ou plus prosaïquement de vaticinateur.

Cheikh Yérim Seck affiche, en abattant les cartes de la certitude de celui qui était dans le secret des négociations entre le Président Macky Sall et Idrissa Seck, le désormais Président du CESE, l’arrogance du prêcheur médiatique. On remet sa découverte comme copernicienne : « le Président Macky Sall et Idrissa Seck se parlaient » ! Le tout abattu et rabattu avec des hoquets moralisateurs en décrochant au passage des flèches contre ceux qui le critiquent. Comme toujours avec des accents d’un snobisme égotiste. Lui et la morale ? Lui, moralisateur ? On est où là ?

Idrissa Seck est devenu le punching-ball facile, la proie toute désignée de quelques parangons de la vertu devenue vice sous nos cieux, de toutes sortes de gardiens subits de la pudibonderie, de la bien-pensance, mélanges d’épiciers en gros d’éthiques et de pompes funèbres qui le balancent dans l’ambulance d’une carrière politique en extinction. A l’extinction du soleil ? Que ce pays compte donc de si nombreux gardiens de la morale ! De parangons de la vertu !

Récemment, le nouveau tribunal des pairs du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) a rendu dix décisions sous forme d’avertissements de diverses natures. Elles ont concerné Le Quotidien, le site Actu221, L’Observateur et L’As Toutes ces décisions sont supposées être liées à des questions d’éthique et de déontologie. Pour l’honneur et l’honorabilité du métier !

Ainsi, il est à présumer que les avertissements du CORED, servis à des journalistes visent l’éthique de l’information en tant que valeur qui se réfère à la vérité qui oriente décisivement, comme le disait Daniel Cornu dans « Journalisme et vérité », « les codes de déontologie des journalistes (…) et « conditionne la discussion récurrente, parmi les professionnels et dans le public, sur l’objectivité journalistique ».

Concernant le cas de Cheikh Yérim Seck, il faut persister et insister sur ses postures et impostures qui, comme un acide, corrodent l’éthique du journalisme. Ils sont nombreux les Sénégalais qui ne comprennent pas et à la limite qui s’étranglent de rage devant la facilité, l’aisance avec laquelle on lui accorde des tribunes médiatiques. Et de surcroît, dans le contexte actuel où l’homme est sous contrôle judiciaire dans une autre récente affaire présumée de mœurs.

Pour moins que cela, des hommes politiques, des hommes publics sont à tort ou à raison sous les rampes sombres de l’actualité. Heureusement qu’au Sénégal, la profession ne s’est jamais enfermée et refermée dans l’étroitesse, la surdité et la cécité corporatistes. Il n’est pas inutile de rappeler ici quelques règles majeures édictées par le Code déontologique de la Société des journalistes professionnels. Entre autres, ce code énonce que « le journaliste doit s’engager dans des associations et activités qui pourraient compromettre son intégrité ou nuire à sa crédibilité ».

Il faut méditer et réfléchir sur ces mots de Max Weber : « On soupçonne très rarement que la responsabilité du journaliste est beaucoup plus grande que celle du savant et que le sentiment de responsabilité de tout journaliste honorable n’est en rien inférieur à celui de n’importe quel autre intellectuel, on peut même dire qu’il est plus élevé ».

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